Développeur Informatique, une profession particulière ?

Suite à une question qui a été posée sur Quora, j’ai eu envie de mettre mon grain de sel et apporter ma propre vision des choses.

Je pense que c’est pareil dans de nombreux métiers: on peut être peintre en bâtiment et faire le strict minimum, ou s’appeler Picasso, inventer un style et créer une œuvre qui restera dans toutes les mémoires.

Quel point commun y-a t-il entre ceux qui ont développé le premier Doom, celui qui a donné naissance à Linux en s’appuyant sur les travaux de Minix… et Jean Marc qui créer fait du JavaScript pour afficher des pubs dans une appli de type “Free2play” pour Vive…di ? Pas grand chose, je le crains.

Certains programmeurs ont une profession spéciale, mais la plupart non. La majorité profite de l’aura d’autres, en se cachant derrière ce potentiel fantastique qu’ouvre la possibilité de créer des mondes ex-nihilo, ou d’automatiser un tas de choses, faire “réfléchir” son programme en se basant sur Tensorflow ou d’autres frameworks de Deep learning, … Bref, la majorité profite de l’ignorance générale des utilisateurs – tout comme un mécano va “rouler des mécaniques” devant madame odette (toutlemonde) en se faisant passer pour un as, alors qu’il ne saurait pas construire un simple moteur 2 temps…

Bref, vous l’avez compris, cela peut être une profession spéciale, mais cela ne l’est pas en général. Enfin, pas plus qu’un médecin par rapport à un chercheur en génétique. La différence, c’est l’illusion que procure un minimum de maitrise dans un monde qui utilise abondement la technologie.

Je retiens aussi d’autres arguments qui ont été avancés:

  • Parce que nos réalisations sont invisibles à l’utilisateur. C’est une profession où l’on produit des choses qui sont peu concrètes pour le reste de la population. On peut se demander si on bosse réellement. Dernièrement, j’ai entendu dire qu’on était des Geeks et qu’on connaissait rien à la vie 😉
  • c’est un métier très exigeant, si exigeant qu’il vous bouffe littéralement votre vie. Le plus petit résultat demande des heures de concentration et de réflexion. La moindre erreur et le château de cartes s’écroule. Bon, quand même pas, un bogue ça se corrige, mais c’est vrai qu’une erreur dans l’architecture d’un logiciel est difficile à corriger.
  • A cause de la bulle: NUL N’ENTRE ICI S’IL N’EST PROGRAMMEUR – En fait, c’est un club privé ? Pas vraiment en fait, les programmeurs sont des bestioles parfois bien isolées.
  • J’adore celle ci: “Je ne le pense pas, je la trouve même banale. Quand les gens me demandent ce que je fais et que je réponds: “analyste informatique”, ils me regardent avec un air indifférent qui semble dire: “bof…”. Voilà, CQFD.
  • Parler algorithmie avec sa femme peut s’avérer contre productif pour la bonne santé de son couple. Oui, il faut éviter d’échanger sur ce type de sujets… ^^

Et puis, il y a aussi l’expérience optimale… telle que décrite par Mihaly dont je parle dans ma pause café n°9. Et quand on connait cette sensation, qui n’est pas seulement l’apanage des programmeurs, alors on peut dire qu’on a vraiment une profession spéciale… et surtout beaucoup de chance !

Je vous laisse sur cette excellente description de ce qu’est un programmeur pour le commun des mortels (dans mon cas, on croit parfois que je sais réparer des PC….):

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