Maisons en terre, en paille et maison rondes

Il en existe un peu partout dans le monde. Env­i­ron un tiers de la pop­u­la­tion mon­di­ale vit dans un habi­tat en terre aujourd’hui. Cela sort un peu du cadre habituel des arti­cles, mais comme vous le savez, j’ai con­stru­it ma mai­son en paille et terre. J’ai une amie qui con­stru­it une sorte d’igloo en terre et chaud, tech­nique intéres­sante égale­ment. Bref, j’avais envie de vous par­ler un peu des tech­niques exis­tantes et puis c’est le week-end non ? Ah, non, sur inter­net, ça dépend pas seule­ment du jour de dif­fu­sion. Bon, tant pis, vous l’aurez quand même !

La terre est le plus vieux matéri­au de con­struc­tion du monde. Elle revient au goût du jour car elle est disponible en grande quan­tité, pas chère et pos­sède un excel­lent bilan énergé­tique. La terre crue présente égale­ment des pro­priétés acous­tiques et hygrométriques intéres­santes.

Une asso­ci­a­tion Craterre, a été créée en 1979 près de Greno­ble, pour faire recon­naître le matéri­au terre. C’est un cen­tre d’expertise mon­di­al. Vous pou­vez inté­gr­er dans les murs les mêmes élé­ments que dans le béton (câbles, …).

L’ensemble des tech­niques de con­struc­tion néces­site un drain pour canalis­er et évac­uer les eaux de ruis­selle­ment et un mur de soubasse­ment pour pro­téger le pisé de l’humidité des sols.

Plusieurs tech­niques exis­tent :

  • La bauge. Débar­rassée de ses cail­loux, la terre crue est malaxée avec de l’eau et des fibres végé­tales et/ou ani­males pour main­tenir la cohé­sion. (il y a aus­si la tech­nique de la bauge cof­frée)
  • Le pisé. Terre sablo-argileuse tamisée puis humid­i­fiée, mise en oeu­vre par lits suc­ces­sifs entre deux banch­es (sup­ports), elle est com­pactée au pilon.
  • Les adobes. Briques de terre crue faites à par­tir de terre mélangée à des fibres végé­tales, puis ver­sée dans des moules. Elles sont séchées au soleil.
  • Les BTC (blocs de terre com­primés). Réal­isés à par­tir d’une terre type pisé légère­ment humide, ils sont com­primés à l’aide d’une presse puis stock­és sous bâche.
  • Le torchis est un mélange de terre et de fibres mis en oeu­vre entre une ossa­t­ure en bois.

Les maisons entière­ment en terre sont con­stru­ites en bauge (terre-paille). C’est un mur por­teur.

Les qual­ités des murs en bauge sont: qual­ité plas­tique du matéri­au et pas besoin de cof­frage (pisé), ni d’armature (torchis). Les désa­van­tages de la tech­nique sont que cela néces­site beau­coup de main d’œuvre et beau­coup de temps !

Il faut toute­fois réalis­er un enduit à base de chaux pour pro­téger la terre de la pluie.


Tester sa terre

Il faut con­naître la teneur en argile de sa terre ; pour que la terre soit un bon liant, elle doit con­tenir entre 15 et 35 % d’argile. Il existe une tech­nique pour déter­min­er le pour­cent­age des dif­férents élé­ments, le test de la sédi­men­ta­tion :

  • prélevez des échan­til­lons de terre dans des endroits dif­férents, à une pro­fondeur d’au moins 50 cm, sous la couche arable du sol, élim­inez les cail­loux et réduisez les grumeaux;
  • rem­plis­sez de moitié de terre des bocaux en verre, n’oubliez pas de met­tre un éti­quette pour vous rap­pel­er de l’endroit cor­re­spon­dant;
  • ajoutez une cuillerée à café de sel pour accélér­er la sédi­men­ta­tion de l’argile;
  • rem­plis­sez les bocaux avec de l’eau claire;
  • remuez énergique­ment pen­dant au moins 20 sec­on­des;
  • installez les bocaux sur une sur­face plane et atten­dez entre 2h et 48h que la sédi­men­ta­tion soit com­plète (eau claire);
  • procédez à l’évaluation des échan­til­lons;
    • au fond du bocal, le sable grossier et les agré­gats
    • le limon et le sable fin con­stituent la deux­ième couche
    • puis l’argile,
    • en haut, l’eau.
    • faites des mar­ques sur le bocal pour déter­min­er les dif­férents pour­cent­ages des élé­ments con­sti­tu­tifs de vos échan­til­lons ;
    • si l’eau rede­vient claire immé­di­ate­ment après avoir sec­oué le bocal ou en moins d’une demi-heure, la terre ne con­tient pas d’argile et est donc inadap­tée à une con­struc­tion de mai­son en terre, il vous fau­dra trou­ver de la terre argileuse ailleurs :
    • si votre terre con­tient trop d’argile, il fau­dra ajouter du sable et des agré­gats ;

Vous pou­vez égale­ment éval­uer la teneur en argile de votre terre et de sa capac­ité à être util­isée effi­cace­ment dans une con­struc­tion de mai­son terre en façon­nant une boule la moins humid­i­fiée pos­si­ble et en la lais­sant tomber par terre :

  • si la boule s’écrase sur le sol en s’aplatissant, c’est qu’il y a trop d’argile;
  • si la boule s’effrite, c’est qu’il y a trop de sable ; la boule de terre ayant une teneur appro­priée en argile et agré­gats restera intacte
  • lors de l’extraction de la terre, il faut garder la couche de sur­face pour le jardin ou le potager. La terre végé­tale ne con­vient pas à la con­struc­tion car trop impure.
  • Il faut chercher un mélange à gran­u­lométries var­iées, c’est-à-dire con­sti­tué de par­tic­ules de tailles divers­es pour obtenir des murs solides et por­teurs.
  • Pen­dant le mélange, on peut sta­bilis­er la matière en util­isant des addi­tifs tels que la chaux, le ciment ou la pouz­zolane.

Un bon petit livre peut vous aider à com­pren­dre tous les intérêts de la con­struc­tion naturelle et économique, il s’agit de “L’habitat Bio-économique” de Pierre-Gilles Bellin.


Ferme en pisé

En France, 15% du pat­ri­moine bâti ancien est en terre ou par­tielle­ment en terre. C’est en Isère qu’elles sont le plus nom­breuses, puis en Nor­mandie et dans le Nord de la France.

La terre est cof­frée et les murs se mon­tent donc au fur et à mesure du séchage en sai­son pré­cise.

Argile cuite

L’architecte Octavio Men­doza a cuit sa mai­son de 500m² Casa Ter­ra­cot­ta ou Casa Bar­ro. Cette mai­son a été con­stru­ite à la main avec de l’argile cuite. Elle est située à Vil­la de Ley­va, un vil­lage de mon­tagne en Colom­bie.

Le con­struc­teur a bâti cette mai­son par morceaux suc­ces­sifs en faisant cuire l’argile en allumant des feux sur des échafaudages non com­bustibles. Vois son blog.

Super­adobe

Par le Cal-Earth Insti­tute en Cal­i­fornie et Nad­er Khalili, une méth­ode qui allie la qual­ité de la con­struc­tion en terre avec les normes de sécu­rité en zones à risque.

Vous utilisez des sacs de sable, du fil de fer bar­belé et la terre sous vos pieds. Elles résis­tent aux trem­ble­ment de terre, au feu et aux inon­da­tions. Voir ce site.

Les développeurs du sys­tème expliquent leur méth­ode ain­si: la force et la sim­plic­ité de super­adobe en fait un out­il puis­sant dans la lutte con­tre la crise mon­di­ale du loge­ment. Une struc­ture sim­ple peut être érigée en une seule journée. Une com­mu­nauté peut appren­dre en une semaine com­ment con­stru­ire des maisons qui vont dur­er des décen­nies. Il en existe partout dans le monde, dont une belle et grande au Cos­ta Rica, avis aux vis­i­teurs!

Maisons bulle (le béton à l’oeuvre)

Il s’agit de pos­er des arceaux et cer­cles en tubes cin­trés qui déter­mi­nent la forme de la mai­son, les ouver­tures de portes, fenêtres, puits de lumière… Puis on tend un tis­su jer­sey exten­si­ble et déformable dans tous les sens, qui vient recou­vrir les tubes cin­trés et sera main­tenu au sol par pres­sion. Ou on utilise le voile de béton. La phase la plus déli­cate est la pro­jec­tion du micro béton, terre ou plâtre en plusieurs couch­es. Voir ce site.

Souleyant, Anto­nio Ben­incà pour Marc Delacroix

Les maisons-bulles d’Antti Lovag : sur le site de l’Esquillon, à Théoule, con­stru­ite sans per­mis de con­stru­ire, elle est aujourd’hui en passe d’être classée mon­u­ment his­torique … mise en vente par Sothe­bys en 1989 pour 50 mil­lions de francs, elle a été achetée par Pierre Cardin. 1200 mètres car­rés hab­it­a­bles com­prenant deux salons, huit cham­bres, bureau, bib­lio­thèque, salle de con­férence, ciné­ma et jeu, salles de ser­vices …

Les kert­er­res: mar­que déposée bre­tonne

Il s’agit d’igloos de mélange terre/paille com­pressés et enduits de chaux. C’est ce que l’amie con­cocte en ce moment !

Le jardin bleu, avec Cathy à l’ouvrage !

Autre exem­ple:

Mai­son ronde terre et paille

La Mai­son Autonome, éco-con­struc­tion et mai­son de paille (PART3)

Voir le site des com­pail­lons.

Les maisons en paille avec enduit en terre

Un livre recense les dif­férentes tech­niques de con­struc­tion: “Tech­nique de con­struc­tion en paille” de Eddy Fruchard. Il présente 13 maisons paille, en met­tant en avant les tech­niques paille, les choix con­struc­tifs var­iés, le coût détail­lé des travaux, les temps de travaux, … L’ensemble des tech­niques recou­vre les bal­lots de paille d’un mélange de terre, sable et par­fois ciment.

Mai­son de hob­bit

On ne vous la présente plus!!!   geeks comme vous êtes, vous la con­nais­sez par cœur! la plus con­nue est celle de Simon Dalle dans les Wales, le pays de Galle. Elle est con­stru­ite entière­ment en matéri­aux trou­vés à prox­im­ité et des fenêtres de récupéra­tion.

Voir son site.

Les murs de soutène­ment sont en pierre et boue. Des balles de paille ont été util­isées dans le sol, les murs et le toit pour per­me­t­tre une super iso­la­tion.

Case au burk­i­nafa­so

Elles sont réal­isées en adobe. Voir ce blog.

Shiban, la Man­hat­tan du désert

Shibam est une ville située à 480 km à l’est de Sanaa au Yémen. Elle est com­posée d’immeubles en forme de tours. Cer­tains immeubles atteignent 30 mètres de hau­teur avec 7 étages. La ville a été classée au pat­ri­moine mon­di­al de l’Unesco en tant que plus anci­enne cité grat­te-ciel du monde. Shibam a servi de décor pour le film les “Mille et une nuits” de 1974.

Shibam Manhattan du désert

Earth­ship

Vous avez plein de pneus à recy­cler et un ter­rain en pente? Essayez le earth­ship!

ça rend pas comme ça, mais une fois fini, c’est très beau et agréable à vivre.

J’en ai vis­ité une au québec et j’ai ren­con­tré un gars en France qui était entrain de bâtir la sienne. C’est un tra­vail her­culéen ! Per­son­nelle­ment, ça ne me branche pas que ma mai­son soit un dévi­doir à pol­lu­tion de l’automobile… je suis cer­tain que ça doit rejeter des trucs en se dégradant.

3D
Avec l’arrivée de l’impression 3D, tout s’accélère mais on nous mon­tre prin­ci­pale­ment des con­struc­tions de maisons angu­laires avec des robots. L’impression en terre se développe mais il fau­dra sûre­ment met­tre en place une struc­tures de bal­lons gon­flables et/ ou de fer­railles.

Ils pro­posent d’imprimer votre mai­son open-source en 24h

Bon, voilà, on a sur­volé rapi­de­ment le tout. Per­son­nelle­ment, j’ai opté pour ma pre­mière con­struc­tion pour la tech­nique du Greb. Mais rien ne dit que je ne testerai pas une autre tech­nique la prochaine fois 😉

J’ai com­mencé à met­tre en place une page sur les éco-habi­tats qui se rem­pli­ra en fonc­tion de mes envies.

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